HIBIYA PARK (SHUICHI YOSHIDA)

HIBIYA PARK 4

Tokyo avec la moiteur de septembre qui colle les vêtements contre la peau. Débarqué de la veille, accueilli par la brûlure de l’été japonais, je traverse vaille que vaille le Parc de Hibiya (日比谷公園, Hibiya Kōen), à la rencontre de Bruno Quinquet, un photographe français établi à Tokyo. J’avais débusqué Bruno et remarqué son travail photo en fouinant sur le net, ses photos de Salarymens m’avaient apporté une telle bouffée d’air frais au milieu de toutes ces images japonisantes exhibées un peu partout, que j’avais trouvé en moi suffisamment de culot pour lui envoyer un petit mail et lui proposer une rencontre.

L’énorme ville est tout autour, des immeubles de verre émergent par dessus les cimes des arbres, mais dans ce parc, comme dans tous les espaces dédiés à la nature au coeur de Tokyo, aussi petits soient-ils, on entend le bruissement des herbes. Tout est calme et ce n’est pas peu dire, tant est déjà si tranquille la foule japonaise aux carrefours des avenues. Ici et là, des employés de bureaux, hommes et femmes déjeunent sur des bancs. Bruno me dit d’emblée que le parc de Hibiya est pour lui un lieu particulier qui l’inspire, l’interview se déroule tranquillement à l’ombre des arbres mais bon dieu il fait toujours aussi chaud. Heureusement, il y a le thé vert…

Je finis par abandonner mes questions stupides pour remarquer autour de nous des hommes solitaires qui somnolent sur les tables de bois… Des hommes et des sacs plastiques… L’un d’eux s’est allongé sur un banc, il dort. Deux employés du parc en uniformes viennent le réveiller, l’homme émerge de son sommeil et s’assoit, il poursuit finalement sa sieste écroulé sur la table. Les deux fonctionnaires continuent leur tournée de rectification des postures.

« Je ne savais pas encore exactement ce que j’étais venu faire ici. Mon regard est revenu vers la mare de Shinji pour la contempler. Elle a dit : « Lorsqu’on regarde la mare d’en haut, on y lit l’idéogramme du coeur, non ? » Maintenant qu’elle me le dit, c’est vrai qu’il y a quelque chose. J’ai essayé de superposer l’idéogramme Shin sur la mare… »

Extrait d’un petit livre que j’avais bêtement boudé à sa sortie à cause de sa couverture un peu … et que j’ai retrouvé ou plutôt qui s’est signalé à moi peu après ma rencontre avec Bruno et le Hibiya Park à Tokyo. J’ai plongé dans ce livre comme dans un bain de jouvence, un vrai GRAND BONHEUR, rare et inattendu ! Bien évidemment, le personnage principal de l’histoire est le jardin, le Hibiya Koen (station de métro Hibiya – Hibiya Line). Il y a aussi un homme et une femme qui se croisent dans le métro et délicatement, jour après jour, vont vivre leur véritable rencontre à l’abri des arbres, observant tout à la fois le petit monde qui les entoure que leur tout petit monde intérieur…

« – Tu te souviens de ce que je t’ai dit la dernière fois au téléphone ? Que j’avais rencontré une femme étrange au parc de Hibiya ? – Celle à qui tu as parlé par erreur dans le métro ? – C’est ça. Depuis quelque temps, il m’arrive de causer avec elle au parc. Et elle m’en dit, des choses intéressantes ! Entre autres, que les femmes n’ont rien à cacher mais que, comme ça les révolte, elles font semblant de cacher à tout prix quelque chose… C’est le bilan de notre conversation sur le caractère des clientes du Starbucks. »

Extraits de PARK LIFE de SHUICHI YOSHIDA aux Editions Philippe PIQUIER

HIBIYA PARK 6

HIBIYA PARK 3

HIBIYA PARK 2

HIBIYA PARK 5

HIBIYA PARK 1

 

L’interview de Bruno QUINQUET est à lire ici (version française et aussi japonaise)

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