OUVRONS LA PARENTHESE

megutama 6

Hier après-midi la terre a tremblé.

Nous déjeunons dans un restaurant de Ebisu, Miki me parle de son grand-père qui appliquait les principes de la cuisine macrobiotique lorsque les quelque cinq mille livres de photos alignés sur les étagères qui courent tout autour de nous se mettent à tressauter. Les tables bougent, le plancher bouge, nos coupes de sake aussi.

Les secousses ne durent que quelques secondes, une dizaine à peine, mais Miki remarque qu’elles sont tout de même assez fortes. Les conversations se taisent.

Je regarde les visages des autres clients autour de moi. Certains ont les yeux baissés vers le sol, d’autres regardent en l’air et d’autres s’accrochent au regard d’un autre. Chacun se questionne, ne sait que faire, s’abandonne. L’existence si bien ordonnée quelques secondes auparavant, maintenant se recroqueville à l’intérieur d’une parenthèse. Puis les frissons se font plus légers, lointains, et sur les visages je devine que chacun tente d’évaluer l’éloignement, la profondeur.

Je dis à Miki que j’ai la sensation que loin sous nos pieds une grosse bête assoupie s’agite un peu pour changer de position et puis tout tranquillement replonge dans le sommeil. Nous attendons juste que son sommeil revienne.

Fais dodo Colas mon petit frère…   

2 réflexions sur “OUVRONS LA PARENTHESE

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