POUR CAUSE D INVENTAIRE

Je regarde partir un à un les morceaux de mon canapé que j’ai vendu pour trois sous et je constate le grand vide laissé au milieu du salon. J’en viens à penser que peut-être, à notre insu, c’est à dire sans qu’on ait pu imaginer pareille absurdité, il existe autour de nous, un objet dans notre environnement, petit ou grand, un objet que nous ne voyons qu’à peine tant il fait partie du décor de notre existence, et qui possède à lui seul plus de valeur que tous les autres réunis… Mais là où ça devient intéressant, c’est d’imaginer que le dit objet est indétectable, jusqu’au jour où, il n’est plus là. Alors, sans que l’on devine pourquoi, tout s’effondre autour de nous, les choses commencent à aller mal, plus rien ne tient droit.

Imaginons cette possibilité, un objet qui serait la pierre angulaire de notre quotidien… Non pas la bague de la grand-mère ou la lettre d’amour du premier flirt, non, beaucoup plus subtil, un objet auquel on ne pense pas, genre un canapé, un paillasson, une table de cuisine en formica, un chausse-pied, que sais-je… Le problème tient à ces mots : que sais-je. De ce sur quoi je bâtis mon existence, c’est à dire la tranquillité de mes journées qui se répètent, que sais-je des constructions qu’à mon insu, donc à l’insu de la conscience que j’en ai, je créé un jour après l’autre, et qui répondent à mes désirs, à mes peurs aussi. Le monde des objets est par définition mon extension corporelle n’est-ce pas ? Mon corps du dehors, je n’ai pas assez de matière à moi seul pour remplir le monde qui m’entoure, mais je ne peux pas le laisser vide de moi, c’est trop inquiétant. Enfin, je n’en suis pas là, j’ai peu d’objets en ce qui me concerne, car ils m’encombrent vraiment. Ils me font peur. Mais même avec un seul objet, on s’attache, ou plutôt on s’appuie. L’objet nous supporterait t-il donc ?

Oui nous avons des appuis. Pour ne pas tomber évidemment. La vraie question est pourquoi ne pas tomber ? Ou alors pourquoi s’appuyer ? Pour ne pas tomber. Evidemment. Ce canapé immense était le sommet de l’encombrement, mais tellement confortable que j’y passais volontiers quelques heures devant la sacro sainte télé… Je l’ai pourtant choisie toute petite cette p… de télé,  au grand dam de ma moitié (qui n’est pas coupable) qui opterait plutôt pour l’écran super géant de ses rêves. Cauchemar.

Je sais ce que j’aime quand je marche dans les rues du Japon. Je ne possède que ma valise à roulettes et le sac qui est à mon épaule, et je dois organiser mon existence avec ça. Je le sais d’autant mieux que le japon, Tokyo par excellence est le pays de la consommation, les foules font de la consommation leur loisir, leur sport, leur religion.

C’est une transition. Les articles de ce blog sont en attente de déménagement et d’aménagement. Changement de lieu. Tout va rejoindre les cartons, mes idées  et mes envies aussi sont dans les cartons. Ce n’est pas pour me déplaire, un peu de bordel. Du plâtre partout, ici on perce des trous, là on rebouche d’autres trous, dans ma vie aussi, pareil, percer, boucher, c’est à dire, fermer, ouvrir… 

Il n’y aura jamais rien de plus.

Fermer, ouvrir

Où est le ruban adhésif ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :