POÉTIQUE DE LA VILLE (PIERRE SANSOT)

« L’homme en souci, en tracas, éprouve comme le besoin de développer, le long d’un itinéraire, ce qui l’oppresse et il semble bien qu’il en tire un double bénéfice. Ce qui le tenaille, jusqu’à le figer, va gagner en vastitude, donc devenir moins harcelant. Il faut donner à la souffrance un certain envol pour qu’elle fonde sur nous avec moins de hargne et pour qu’elle nous accompagne avec un semblant de discrétion. »

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« Dans notre chambre, la douleur nous assaillait. Maintenant, c’est nous qui la parcourons, c’est nous qui cheminons le long de ses crêtes, au bord de ses abîmes. »

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«L’homme qui entreprend cette promenade nocturne ne sait pas encore exactement de quel mal il souffre. Il ne va donc pas projeter une angoisse ou une douleur qui serait déjà là, en lui. Par sa marche, il va effectuer ce qu’il est, il va porter à la lumière ce dont il était capable de souffrir, et il lui appartiendra d’aller plus ou moins loin, dans cette effectuation de soi, selon les circonstances, selon la longueur de cette nuit, selon les rencontres esquissées ou poursuivies, selon, enfin, sa capacité de dépasser, en cette nuit, ses limites habituelles. »

 

Pour le plaisir quelques extraits de La déambulation nocturne – dans le merveilleux livre de Pierre SANSOT : Poétique de la ville aux Editions PAYOT.

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