ANALYSE SUBJECTIVE ET FACTUELLE DES USAGES DE L’ESPACE PUBLIC

C’est un de ces livres rares, qui surgissent du néant sans prévenir. L’œil se pose sur le titre, sur la couleur de couverture et sur les dimensions de l’objet, et parmi tous les livres empilés sur les tables de la librairie, il est le seul à la seconde où le lien se fait entre lui et … quoi en nous ? Un livre d’architectes cette fois. A priori il ne s’agit pas d’un domaine qui me fait fantasmer mais j’y vois une certaine poésie, et certainement depuis mes lectures passionnées des ouvrages de Pierre SANSOT auquel j’aime rendre hommage de temps en temps dans ce blog. Un livre d’architectes qui décortiquent de leur regard acéré les habitudes de circulation ou de stagnation des corps en milieu urbain. Un regard froid de spécialiste qui malgré la (légère) colorisation des dessins donne à ce travail un côté presque irréel, que j’aime retrouver quand je marche dans les rues de Tokyo.

Tokyo pour moi est certainement une ville froide. Les matériaux sans doute, la retenue dans les gestes aussi… Le livre ne présente presque pas de textes hormis sur les trois premières pages où chaque intervenant au projet écrit quelques lignes dont le propos est la conception de l’espace public au Japon. Le reste de l’ouvrage est constitué des mêmes dessins dont le trait fin nous fait toujours penser à ces affiches publicitaires qui vendent des programmes immobiliers avec espaces verts suggérés d’un trait léger et promeneurs en silhouettes. D’une neutralité étonnante pour donner au plus grand nombre l’envie de vivre ici et à n’importe quel prix cela va de soi.

Tokyo donc, scènes de rues, de jardins publics, de galeries marchandes, une petite note accompagne chaque dessin avec le lieu, l’heure ainsi qu’une brève et description de la scène. Rien de plus. Un livre de méditation sur la condition humaine. Je ne m’en sépare plus. Il me tient chaud en quelque sorte. J’en connais tous les lieux évoqués et je n’ai pas hâte de m’y retrouver, je n’oublie rien de la solitude qui me tue lorsque je suis à Tokyo. Mais c’est seulement à ce prix que je peux écrire.

USAGES TOKYO – Editions Archibooks co-édité par IN-EX Project –  auteurs : Jean Christophe Masson, Franck Tallon, David Trottin.

 

 

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