UN MOUTON, DEUX MOUTONS EN ÉTÉ

Deux ans auparavant à la même place j’avais croisé un singe, c’est drôle aujourd’hui j’ai rencontré ce mouton. Juste avant de tomber hasardeusement sur une manifestation à la japonaise et qui démarrait au grand carrefour devant la gare de Shibuya. Je me faisais une joie de rentrer enfin à la maison pour me mettre sous la climatisation quand un troupeau de policiers attirent mon attention, nous sommes dimanche en fin d’après-midi, les trottoirs Shibuya sont submergés par des dizaines de milliers de personnes, beaucoup de touristes aussi, tout ce joli monde photographie à tour de bras les écrans géants et les demoiselles en yukatas, mais les uniformes bleus avec bâtons rouges fluo, captivent les regards sur leur passage. Car ils passent. En fait la situation est à la fois assez comique mais aussi assez triste à voir. Je ne me rends pas compte immédiatement qu’il s’agit d’une manifestation. Pourquoi ? Les manifestants sont en partie cachés par l’encadrement policier… Et surtout, il faut bien comprendre que les manifestants forment une colonne, ils sont deux par deux, avec à vue de nez un policier par manifestant. Y a pas intérêt à marcher de travers. Tout ce joli monde me passe sous le nez. Je ne résiste pas à les suivre. Mais s’ils bénéficient des priorités que leur confère leur importante escorte pour traverser les carrefours moi pas.  Alors je peste en attendant que ces p…. de feux passent au rouge, avec l’intention de griller tout le monde dans la traversée pour me retrouver sur le trottoir d’en face et prendre des photos. En attendant j’observe tout de même que très très peu de japonais usent de leur téléphone portable pour prendre un cliché. Je regarde l’expression sur les visages des passants japonais, à Shibuya la moyenne d’âge est assez jeune, ils ont l’air gênés, ou réprobateurs, ou dans l’incompréhension. Ce sont surtout des touristes américains ou européens qui filment la scène sans problème. Les policiers regardent mais laissent faire. Mais il y a aussi quelques photographes japonais qui courent comme moi derrière le cortège, armés de vrai matériel photo, cortège qui progresse super vite mine de rien, en fait j’ai plutôt l’impression que c’est la police qui donne le rythme, plus vite on arrive, plus vite tout le monde rentre à la maison ! Ils vont faire un petit tour au pas de course, cela aura duré vingt ou vingt-cinq minutes, puis tout ce beau monde est parqué, c’est le mot qui convient, car ils sont rassemblés dans un petit parc derrière Shibuya. Et pour le coup la configuration des lieux, c’est à dire l’entrée du petit parc et le cordon policier qui tout autour fait office de barrière, me rappelle le travail des bergers Pyrénéens que j’aimais tant regarder quand le soir ils rentraient leur troupeau de brebis dans le bercail…   Je lis sur les visages des policiers que tout s’est bien passé, les troupes se détendent, les hommes parlent entre eux des soldes d’un magasin de sport, une jeune femme policière  plaisante avec ses collègues. Quand aux manifestants, d’un certain âge, disons-le pas très jeunes, ils se félicitent d’avoir fait ce qu’ils ont fait, et ils ont raison,  ils sont courageux d’exposer leurs convictions à l’encontre d’un monde qui s’enfonce dans le sommeil du consommateur que rien ne doit sortir de son rêve. Oui les J.O c’est pour bientôt, encore un peu de patience, comptons les moutons en attendant. 

 

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