EN DEHORS, EN DEDANS

En dehors ou en dedans ? En dehors et en dedans. C’est sur le et qu’il faut tenir. Mais on ne le peut pas. Le et n’est pas stable, aucun endroit où poser le pied, pas d’appui, pas de contact amical, aucun confort, ni eau, ni gaz, ni électricité. Zazen.

Ce matin pendant quelques secondes la question s’est imposée. Pendant le zazen l’attention est-elle tournée vers les sensations et distractions intérieures ou vers les sensations et distractions extérieures ? Zazen. Quelque part un ventre gargouille. Immanquablement les autres ventres lui répondent. J’écoute mon ventre, plonge dans la tuyauterie, lui ordonne de ne pas rejoindre la meute et je remonte pour écouter le chant d’un oiseau.

Un oiseau chante. Sournoisement. Je reviens sur le et mais ne peux y rester qu’un temps ridiculement court … Non, je me trompe encore. Ce n’est pas un temps. Le et est un contretemps. Un vide. Un temps fantôme. Un piège. Une chute mortelle. Un précipice. Une tombe. Mais je ne veux pas tomber. En dehors, en dedans. Le principal intérêt du zazen est de rendre fou. C’est intenable. On n’y tient plus. Ni en dehors, ni en dedans. Alors on frôle la délivrance, et généreusement la question se pose enfin. Mais où aller ?

L’oiseau est parti. Il en a eu marre de chanter dans le coin. Peut-être attendait-il une réponse de ma part. Moi je remarque son absence. L’absence de son chant. Et l’absence d’oiseau chante encore.

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(Photo de répétition du spectacle de Sachiko Ishikawa et Thierry Castel « Nuage, nuage » à l’Espace Tenri à Paris)

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