LA PETITE CEINTURE DE MÉNILMONTANT

D’où me vient ce goût pour ce bout de voie ferrée quelque peu déprimant ? Bien sûr il y a les herbes qui poussent librement, mais il y a aussi ces rails qui se jettent dans l’obscurité d’un tunnel. L’été, surtout lorsqu’il est chaud, invariablement m’attire à Belleville et à Ménilmontant. L’été qui chauffe les semelles, l’été qui éblouit. Et me revoilà à l’assaut des rues qui s’étirent en direction des nuages et qui épuisent à la fois mon corps et mon désir  d’images. Images… Cette année encore, nous n’irons pas au Japon. Je n’aurais donc pas à brûler vif au milieu des avenues incandescentes. Je n’aurais pas l’obligation de marcher jour et nuit pour comprendre pourquoi je marche jour et nuit. Je n’aurais pas de crème glacée au thé vert. Images … Je connais un homme qui reste étendu sur son lit. Ce n’est même pas son lit. C’est l’été, c’est le bout de l’espoir l’été, comme ces rails avalés par la nuit. 

 

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