MATCHA SOBA

« Bonne année » à ceux qui lisent ce blog. Mais pour dire le fond de ma pensée,  je trouve ça tellement étrange de découper le temps de cette façon. « Bonne journée » me pose moins de problème. Disons que je me sens cadré entre le jour et la nuit. Ça me va mieux. Je ne sais pas pourquoi j’écris ça aujourd’hui. D’autant qu’il y a plusieurs semaines que je n’ai rien écrit sur ce blog. J’ai fait une tentative de poster des textes littéraires avant Noël, un texte par jour, mais d’un seul coup ça m’a semblé si stupide que j’ai tout effacé. Parfois je fais des trucs stupides. Quelque chose en moi décide que c’est stupide et j’y crois.

Donc « Bonne année » à tous. Non, ça aussi c’est nul. Je n’y crois pas. Bonne année à toi. Seulement à toi. Maintenant il n’y a que toi qui est en train de lire ça.

Ce blog me fait penser au moteur d’une vieille voiture refroidie qui n’aurait pas tourné depuis longtemps, le remettre en marche me coûte trop d’efforts. Mais que se passe-t-il enfin ? Je ne peux plus écrire comme je le faisais avant. À propos de tout et de rien. A propos des rencontres japonaises, mais il faut bien dire que le Japon nous a été fermé en 2020 avec les mesures sanitaires. J’ai bien peur qu’il nous soit encore interdit pour cette nouvelle année. Évidemment des rencontres japonaises je pourrais toujours en faire à Paris mais je me suis mis en veilleuse, c’est assez curieux, avant j’agissais sous couvert ou au nom d’une association, c’était une dynamique pour moi, ensuite j’ai continué en solo, avec des rencontres plus personnelles en émotions. Aujourd’hui je n’en ai plus besoin. J’en ai eu trop. Pourtant d’autres rencontres vont venir, je peux les entendre au loin. Je reprends mon souffle. C’est exactement cela. Je souffle.

On verra bien. Il y a aussi les articles sur les livres, et j’ai essayé d’en lire un certain nombre qui me sont tombés des mains, je ne sais plus combien j’en ai acheté, tous prometteurs, mais finalement vides. Vides de ce que je cherche. Je lis une dizaine de pages et puis je m’ennuie. J’ai le sentiment de perdre mon temps alors je revends à tour de bras. Mon exigence en matière de lecture est devenue tyrannique ou salutaire, c’est selon. Je parlerai bientôt des deux ou trois que j’ai adorés, dont le 1984 de Georges Orwell que j’ai relu avec un œil rafraîchi…

Les évènements de l’année 2020 auront tout de même un peu changé ma façon de vivre. Je ne suis pas un stressé du virus, loin de là d’ailleurs, ma famille non plus, nous faisons un peu attention mais guère plus. Je suis le premier à foncer dans les rues de Paris dès que les confinements sont levés, pour y retrouver les amis, les librairies, les cafés et les restaurants quand ils sont autorisés. Je n’ai pas d’idée arrêtée sur ce virus. Je trouve intéressantes certaines théories sur le complot. Je trouve plutôt inquiétants ceux qui disent amen aux informations servies par les médias officiels. C’est toujours une chance d’avoir autour de nous des gens qui doutent de tout. En tout cas nous avons la chance de ne pas être aussi dociles que les chinois qui nous font si facilement la leçon. Il est vrai que ceux qui imaginent les complots les plus fantaisistes peuvent être aussi d’un ennui mortel, bien pire que le virus. Mais bon, j’écoute, je lis dans tous les sens, quelques soient les sources, c’est un entraînement pour moi, je m’entraîne à vivre au milieu de toutes ces informations contradictoires ou anxiogènes, c’est une chance pour nous. De toutes façons c’est notre époque nous n’en aurons pas d’autre, alors chacun de nous, à sa façon, doit essayer de la rendre belle, pour le dire autrement, de la reconnaître.

Aujourd’hui à la maison nous avons sorti le sapin pour le mettre au milieu des autres sapins destinés au recyclage. C’est la première fois que nous achetons un vrai sapin. Il était immense, un mètre quatre-vingt de hauteur, en plus il a gardé toutes ses épines pendant un mois. Pour le sortir ce fut une épreuve il était tellement sec qu’il a fallu lutter pour plier les branches et les faire tenir avec de la ficelle, on a semé une mer d’épines sur le sol de l’appartement, mais toutes ces épines tombées j’ai eu l’envie de les conserver dans deux gros sacs en papier. Nous irons moi et ma fille, les répandre dans la forêt au milieu des autres arbres, et c’est un peu de ce sapin que nous rendrons à la vraie nature, la terre s’emparera de cette façon de son âme de sapin, et ce sera juste. La moindre des choses pour la joie qu’il nous aura procurée depuis un mois.

Je ne sais pas qu’elle serais l’image que je garderais de ces fêtes de fin d’année, peut-être bien celle du sapin ou alors des soba. Au Japon les familles mangent traditionnellement les soba (nouilles de sarrasin) à minuit, pour le passage à la nouvelle année et ensuite ils vont faire une prière au temple du quartier. Je précise que le vrai repas se prend vers 17 ou 18 heures, ensuite on digère un peu, ensuite on mange les soba. Les nôtres sont des matcha soba (au thé vert japonais). Voilà, avec tout ça je te souhaite une très belle année.

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