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Le 3 octobre 2026, la marche pour la fermeture des abattoirs à l’appel de l’association magnifique L214.
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On se rassemble et pour un instant on se ressemble, en marchant au milieu de tous ceux-là je ne peux m’empêcher de m’interroger sur le nombre d’entre eux qui étaient présents dans les manifestations contre la réforme des retraites et aussi contre le passe sanitaire etc… etc… Aucun, tous, quelques-uns … J’aimerais ne pas penser de façon aussi tordue mais les passants qui nous découvrent médusés devant les devantures des boutiques ou attablés aux terrasses des restaurants de viande, sourires au coin des lèvres, me rappellent invariablement que lorsque la queue de la manifestation sera passée, les balayeuses entreront en action et le sol et la tête des humains sera désinfectée. Rien n’aura changé.
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Non je ne suis pas juste. J’en vois cinq ou six qui déjeunent à la terrasse d’une brasserie, plutôt jeunes, cette manif leur casse leur ambiance resto/shopping du samedi après-midi, alors ils arborent rictus et déversent probablement ironie et sarcasmes mais, mais , mais, si l’un ou l’une, en arrière plan de ses pensées qui s’affolent, peut se dire que des gens font ça… que des gens pensent ça … que des gens ressemblent à cette chose qui est aussi en eux, oui nous passons dans les rues, laissant derrières nous des visages et des cris d’animaux hurlants, et tous nous voulons que ça s’arrête.
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Autour de Rambuteau les rues deviennent étroites, la vitrine d’un charcutier est à demie baissée, il y a des clients retranchés à l’intérieur, comme ci nous allions donner l’assaut à leur tranches de museau vinaigrette. Un peu plus loin le cortège s’immobilise, nous remplissons les rues y compris les trottoirs, aux fenêtres des immeubles beaucoup de gens filment, certains applaudissent. Le cortège est immobile et les organisateurs demandent aux manifestants de s’allonger sur la chaussée pour le dying, je ne sais pas trop à quoi je dois m’attendre, mais sitôt allongés pêle-mêle car la place nous manque, les haut-parleurs arrimés sur les camions se mettent à hurler des cris et des pleurs des animaux enregistrés dans un abattoir, on entend distinctement les coups de bâtons donnés par les hommes et les suppliques des animaux et beaucoup d’hommes et de femmes se bouchent les oreilles et moi je ferme les yeux pour empêcher les larmes mais l’enregistrement impitoyable, comme le sont les humains, ne s’arrête pas, la rue est ensanglantée, moi aussi.
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Chaque année, des milliards d’animaux sont tués pour l’alimentation : environ 69 milliards d’animaux terrestres et plus de 1 000 milliards de poissons dans le monde. Derrière ces chiffres se trouvent des individus sensibles, capables de ressentir la douleur, la peur et la détresse.
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La Marche pour la fermeture des abattoirs est un appel à mettre fin à cette hécatombe. L’élevage, la pêche et l’abattage condamnent des êtres sensibles à une vie d’exploitation, puis à une mort violente et prématurée, alors même que nous n’avons pas besoin de produits d’origine animale pour vivre en bonne santé. (extrait de la page Internet du site de L214.
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Photos @ daNIel – sur le camion de tête l’artiste rappeur RES TURNER qui pendant deux heures trente nous a donné une énergie de folie.
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