KIZU (MICHAËL FERRIER)

Je vivais dans ce monde et je n’en avais pas d’autre.

Je rangeais mon existence dans les tranches arithmétiquement disposées sur les pages quadrillées de mon agenda. Je voyais les semaines s’étoffer d’obligations en tous genres, réunion de travail, anniversaire, restaurant. Des forêts de chiffres et d’horaires se dressaient au seuil de chacune de mes journées : c’était une vie bien remplie.

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CONNEXION (KAE TEMPEST)

L’apathie, ou la déconnexion, correspond à une absence d’émotion authentique. On fait mine d’être impliqué et attentif à ce qui se passe autour de soi alors qu’on a l’esprit ailleurs. On est accaparé par les préoccupations de la journée à un point tel que les évènements eux-mêmes passent inaperçus ou sont vécus en gros plan ultraréaliste avec un luxe intolérable de détails, comme une menace mortelle.

Tu la sens, cette torpeur en embuscade derrière chaque action ? Ce désir pervers de garder ton calme, de ne pas capituler ? Es-tu du genre à t’imposer des exigences délirantes ? À écouter sans écouter ? À goûter sans avoir le goût ? Est-ce que tu esquives le clash au lieu de le regarder en face ? Tu as l’impression que tout n’est que façade ? Tu avances comme un somnambule sans jamais rien atteindre de concret ? Tu es incapable de cerner tes préférences, tes émotions, et encore moins de les faire primer sur le reste ? Tu te désintéresses de ce qui vient pomper dans tes réserves ?

Quelles réserves ?

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LE RENDEZ-VOUS (MICHEL VRAY)

J’ai tout de suite aimé cette nouvelle.  Michel m’avait mis sur les bras une pile de dossiers contenant des feuilles dactylographiées, jaunies par le temps et aussi des carnets et des cahiers. Principalement de la poésie mais aussi quelques nouvelles et je ne sais toujours pas ce que je dois faire de tout ça. Je prends mon temps pour y penser.  Aujourd’hui j’ai cette envie de partager avec vous cette petite merveille : Le Rendez-vous (ou le prix Renaudot). 

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CŒUR PUR (MAURA O’HALLORAN)

Hier j’ai acheté des livres. Je lis des choses sur mu, j’apprends que mu n’est pas un mantra, il ne faut pas juste répéter mu, il faut le prendre à bras-le-corps. Qu’est-ce que mu ? Je suis montée au zendo mu. Je suis mu. Je suis rien, le rien, la vacuité. Je n’existe pas, et pourtant si. Mais rien, absolument rien n’est. Quelque chose s’est mis à trembler au coin de mes yeux. J’ai pleuré, me suis étendue sur le tatami, secouée de lourdes larmes, énormes. Je ne suis rien, mes rêves, mes espoirs, mes prétentions ne sont rien. C’étaient des larmes d’enterrement. Les larmes de mon propre enterrement et personne n’était venu y assister, je pleurais, pleurais, et pleurais encore…

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LE MAÎTRE DE THÉ (YASUSHI INOUÉ)

Dans ma masure délabrée, je me suis aménagé un tout petit espace qu’on ne peut pas vraiment appeler salle de thé, mais où je peux me tenir seul. J’y suis assis, en ce moment même, me laissant porter par mes pensées depuis le début de la nuit ; j’entends encore la voix de Monsieur Toyobo : « Toi qui es jeune, pourquoi te caches-tu ainsi ? » J’aurais voulu lui répondre, tout à l’heure, mais je n’ai pas pu. Maintenant encore, je cherche une réponse en moi, mais je ne sais que dire …

Le mieux serait peut-être de raconter ce qui s’est passé, sans me préoccuper de savoir si cela constituera ou non une réponse. Il s’agit d’un rêve que j’ai fait, à l’aube, environ vingt jours après la disparition de mon Maître, alors que j’étais retourné dans mon village natal…

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JOURNAL JAPONAIS (RICHARD BRAUTIGAN)

J’attends ma fille. Les paroles de l’homme adressées au serveur et qui vient de s’asseoir à une table près de la mienne résonnent dans mes oreilles. Ses mots vibrent à la façon de ces clochettes que j’entends parfois tintinnabuler dans les rues du japon. J’attends ma fille. Tout est dit. Est-ce que moi aussi, un jour, pas si lointain d’ailleurs, je prononcerai les mêmes mots ? j’attends ma fille.

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TOKYO MONTANA EXPRESS (RICHARD BRAUTIGAN)

« Aujourd’hui sur le quai de la gare de Shinjuku où j’étais à attendre le train de la Yamanote, j’ai songé à l’Océan Pacifique. Je ne sais pas pourquoi j’ai songé à un Pacifique qui s’engouffrait en lui-même, s’entre-dévorait et océan, se bouffait les intérieurs, se faisait si petit si petit que déjà il n’était pas plus grand que l’Etat du Rhode Island et toujours continuait à s’avaler et à se rétrécir, – et avec quel appétit ! – à s’alourdir aussi parce qu’alors tout ce que pèse le Pacifique se rentrait dans une forme de plus en plus petite et là tout amassé, se faisait goutte d’eau unique pesant des milliards et des milliards de tonnes. C’est alors que le train est arrivé et comment dirais-je ? C’était pas trop tôt. J’ai laissé le Pacifique derrière moi, là, sur le quai, juste en dessous d’un papier de bonbon. » (extrait Océan Pacifique)

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L’HISTOIRE DE WALLACE

« Ce que je vois, ce que j’entends, ce que je sens, n’est-ce pas l’apparence d’un monde devant le monde ? » interrogeait Bruno GANZ dans le film de Wim WENDERS « Les ailes du désir ».

Il suivait le fil de l’eau sans savoir d’où elle venait ni où elle allait. La matinée était déjà chaude, il longeait le canal regardant d’un œil distrait les petits panneaux dessinés par les enfants du quartier qui mettaient en garde le promeneur contre les morsures de serpents. Des serpents à Tokyo ?  Les hautes tours de Shinjuku lui barraient l’horizon mais il se dirigeait dans les rues sans perdre son cap.

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MON POIDS SUR LA TERRE

Je voulais écrire un truc du genre “mon poids sur la terre”. Il y a des jours où l’on se sent plume, malmené, soulevé à la moindre rafale. Des jours fragiles et énervés où on ne pèse rien et où la vie pèse des tonnes. Et puis d’autres jours, allez savoir pourquoi, on se déplace aisément avec le sentiment de marcher profondément dans le sol. Des jours de plombs en quelque sorte.

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Niki Striees

J’ai fait la connaissance de Niki Striees lors de la cérémonie des funérailles de Michel Vray. Niki partageait une belle amitié avec Michel aussi avons-nous apprécié de nous rencontrer pour échanger quelques souvenirs de notre ami commun. Notre rencontre a donc débuté comme une conversation ordinaire pour se poursuivre sous forme d’entretien car les dessins de Niki me plaisent et j’ai voulu en savoir plus sur elle et sur son travail. Je choisis donc aujourd’hui de publier la totalité de nos propos. Niki Striees est une artiste dessinatrice (et aussi graphiste) qui vit et travaille à Paris.

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LE VENT SOUFFLE, IL FAUT TENTER DE VIVRE

Le vent souffle mais il faut tenter de vivre … A qui peuvent servir ces mots ? Tu le sais toi ? Dans tes gros yeux noirs de lapin je ne distingue aucune intention. Tu ne bouges pas d’un œil. J’ai parfois envie de mettre en mots ce que je ressens mais c’est à ce point délicat que je repousse le moment encore et encore. Il est devenu aussi difficile de communiquer avec soi-même qu’avec des amis. La parole de tous est bâillonnée.

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LE CAHIER DE LA PIERRE QUI VIRE

Michel VRAY a mis entre mes mains une pile de vieux carnets usés et jaunis par les années. Il m’a dit que je pourrais en faire ce que je voudrais. Il m’a dit aussi qu’il était rassuré de savoir que ses carnets ne seraient pas perdus. Alors ils sont là avec moi, dans une grosse boîte, que je n’avais pas ouverte depuis deux ans environ. Aujourd’hui j’ai relu ce carnet que Michel a écrit à l’occasion d’un de ses séjours au monastère de la Pierre Qui Vire en Bourgogne. J’aime beaucoup ce carnet, je me décide à le partager dans ce blog, sa lecture m’apaise, j’espère que vous l’apprécierez aussi. C’est un temps de recueillement, peut-être un temps de prière bien que Michel ne m’ai jamais évoqué un quelconque penchant pour la religion, quoiqu’il en soit il me parlait de ses retraites au monastère comme parmi les moments les plus beaux de son existence.

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LE MONDE DES PLUMES (EXTRAIT)

Un extrait de ce texte incroyable « Le monde des plumes » écrit par Michel VRAY. Une toute petite vidéo que j’avais faite dans sa chambre à Nogent, fenêtre ouverte un soir de janvier 2020. Michel lit son texte sur un écran. Ce petit bout de vidéo est très important pour moi, d’autant que Michel n’est plus là pour me parler. Sa voix me manque, son sourire me manque, sa finesse d’esprit me manque. Je me demande ce qu’il aurait pensé de tout ce que nous vivons maintenant. Il aurait probablement dit « Quel bordel ! »

COMME NOUS

Nous sommes retournés près de l’arbre aux pieds duquel nous avions enterré notre jeune lapine. Trois années sont passées, l’environnement a évolué, les buissons d’épineux se sont élevés vers le ciel, ils forment maintenant un mur infranchissable pour les humains, le sol aussi s’est couvert d’arbustes et de hautes herbes, nous avions tant peiné à creuser un modeste trou pour y insérer notre boîte à chaussures. Nous sommes les seuls à savoir. D’autres promeneurs nous ont croisé et se sont probablement demandé ce que faisions accroupis devant cet arbre solitaire. L’émotion est restée la même, c’est mystérieux une émotion.

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COMPLOTISTE

Bon, voilà un peu plus de deux mois que nous marchons gentiment dans les rues. Souvent les mêmes rues, entre Montparnasse et le Sacré-Cœur, entre Duroc et le Conseil d’Etat, entre Port-Royal et Colonel Fabien, entre la BNF et la Place Clichy … Les centres aérés du samedi nous donnent bonne mine, on se fait des amis, on chante des chansons, on visite les quartiers, on respire le bon air parisien au parfum des gaz de la répression, on repère les petits restaurants dans lesquels on retournera quand on ne sera plus en guerre. Je salive d’avance en criant mes slogans devant les menus étalés aux terrasses.

Incroyable été 2021. Lumineux au-delà de toute espérance. Incroyable flux de vie qui s’est mis à couler dans mon sang. Incroyable rebondissement dans les destinées individuelles. Je suis devenu complotiste moi qui n’était que sage dépourvu de toute sagesse. Méditant endormi sur mon zafu bien à l’abri de mes philosophies et surtout à force d’espérer le mythique silence intérieur je me suis rendu compte que je devenais sourd.

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PROPAGANDE, MÉDIAS ET DÉMOCRATIE (Noam CHOMSKY, Robert W. Mc CHESNEY)

Mais comment tout cela a-t-il commencé ? Je veux écrire bien évidemment sur ce qui se passe en ce moment dans nos vies, le consentement général et plutôt apaisé de la grande majorité de nos contemporains à l’avancée de cette tyrannie faussement sanitaire. Voilà, c’est écrit. Nous sommes peu nombreux à serrer les rangs dans nos petites balades du samedi dans les rues des villes, pancartes à la main, sous les regards amusés, interloqués, courroucés, parfois complices, des promeneurs consommateurs. Je suis en colère, je suis en révolte, je ne me ressemble plus.

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CIORAN – ON NE PEUT VIVRE QU’À PARIS

« Dites que l’univers n’a aucun sens, vous ne fâcherez personne – mais affirmez la même chose d’un individu, il ne manquera pas de protester, et ira jusqu’à prendre des mesures contre vous.

Nous sommes tous ainsi : dès qu’il s’agit d’un principe général, nous nous mettons hors de cause et n’avons aucune gêne à nous ériger en exception. Si l’univers n’a pas de sens, y a-t-il quelqu’un qui échappe à la malédiction de cette sentence ? Tout le secret de la vie se réduit à ceci : elle n’a aucun sens, chacun de nous, pourtant, lui en trouve. »

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L’EXTASE MATÉRIELLE #2 (J.M.G. LE CLÉZIO)

Conscience

L’action la plus terrible de l’esprit est peut-être cette fermeture : lorsque, abandonnant toute visée précise, le regard intérieur est tout entier tendu dans cet exploit unique, qui est d’être conscient de sa conscience. S’il est un acte parfait, stérilement et douloureusement parfait, c’est bien celui-là. L’esprit n’est plus qu’esprit, volonté forcenée d’être ce qu’il est ; tout ce qui flotte, tout ce qui est contingent, tout ce qui est richesse, parce qu’échange, parce que spectacle, parce que spectacle où on ne voit pas tout, où l’on ne peut pas tout connaître, tout cela a disparu. Du mouvement de la connaissance, il ne reste plus que l’acte, l’acte seul, fou à force d’être lucide, l’acte qui n’est plus qu’un moteur dont l’énergie n’est plus freinée. La communication est la vérité vivante de tout ce que nous sommes. Le monde, la réalité, les pensées, les mots sont des transferts. Que cesse l’échange, que s’arrête le commerce avec l’«externe», et voici l’abomination et l’impuissance.

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LA RÉVOLUTION D’UN SEUL BRIN DE PAILLE (MASANOBU FUKUOKA)

Ce soir j’ai exhumé un petit chef d’œuvre des rayons de ma bibliothèque. Le livre m’a attiré l’œil. Je l’ai reconnu. Et c’est avec un plaisir immense que j’ai retrouvé cet ami un peu oublié depuis une vingtaine d’années (déjà). Je l’avais acheté au début des années 90 dans ce merveilleux restaurant/librairie qui s’appelait Le bol en bois rue Pascal à Paris, aux pieds de la rue Mouffetard. Ceux qui comme moi ont connu Le bol en bois ne l’oublieront jamais. Ce lieu était pour beaucoup plus qu’un simple restaurant, une île au milieu du monde.   Il y avait aussi sur le trottoir d’en face l’épicerie du bol en boisNous y venions pour acheter des céréales et des légumes biologiques, nous y venions pour dîner de soupe miso, d’algues et de céréales complètes, le tout arrosé de thé vert sencha ou kukicha, l’ambiance y était douce, feutrée, presque solennelle lorsque les serveurs nous apportaient les bols que nous avions commandés. Mais c’est une époque révolue.

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ÉLOGE DE L’INSÉCURITÉ (ALAN W. WATTS)

Il doit être évident, dès le départ, qu’il y a une contradiction à vouloir se trouver en parfaite sécurité dans un univers dont la vraie nature est le caractère passager des choses et la fluidité. Mais la contradiction est un peu plus profonde que le simple conflit entre le désir de sécurité et le fait du changement. Si je veux être en sécurité, c’est-à-dire protégé du flux de la vie, je veux être séparé de la vie. Néanmoins, c’est ce véritable sentiment de séparation qui m’empêche de me sentir en sécurité. Être en sécurité signifie isoler et fortifier le « je », mais c’est justement la sensation d’être un « je » isolé qui me fait me sentir seul et m’effraye. En d’autres termes, plus je serai en sécurité, plus j’en aurai besoin. (Extrait)

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GRETA THUNBERG

Les jours passent, et soudain ça fait deux semaines que Greta occupe sa place à cet endroit.

Chaque matin, elle s’en va à vélo vers le Parlement et l’attache à la rambarde devant Rosenbad.

Chaque matin, nous avons rendez-vous avec elle.

Nous qui sommes emplis d’autre chose.

Nous qui écoutons la radio dans nos voitures. Nous qui consultons nos portables dans les souterrains.

Nous qui rêvassons dans le bus pour oublier la réalité.

Nous qui parlons de notre dernier repas et du football que nous avons regardé.

Nous qui faisons le ménage dans nos maisons et nos appartements.

Nous qui nettoyons nos fenêtres, arrangeons nos coussins et rangeons nos étagères.

Nous qui supposons que tout est encore parfait.  Lire la suite

Yonaiyama Akihiro (French / Japanese version)

J’ai une tendresse particulière pour cette interview réalisée en 2007. J’avais eu la chance d’être présenté à Monsieur Yonaiyama à la fin d’un de ses spectacles joué dans un grand théâtre près de Tokyo. Je me souviens encore très nettement de ce que j’ai pensé à ce moment précis : Je suis allé trop loin. La majesté du lieu, la perfection du show auquel j’avais assisté au milieu d’un public venu en nombre, et tous ces gens qui attendaient dans le grand hall d’entrée de pouvoir féliciter le metteur en scène. Je n’étais pas fier, loin de là, j’aurais bien pris mes jambes à mon cou, mais déjà l’assistante du metteur en scène me présentait au maître. Je ne sais plus ce que j’ai bredouillé lorsqu’il m’a demandé en quoi consistait mon projet. Mais le plus simplement du monde, un rendez-vous fut fixé pour une rencontre en privé. J’étais aux anges. 

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LA BRÈCHE (VLADIMIR MAKANINE)

Le chat hésite sur le seuil. Juste devant. Va-t-il entrer ou sortir ? Pas moyen de fermer. « Eh bien ? … Tu te décides ? » klioutcharev le presse par l’intonation de la voix, puis il claque la porte de l’appartement et descend rapidement, dépassant le chat qui bondit souplement de marche en marche. Il sort dans la rue.

La fin de son ami Pavlov lui revient à l’esprit. comment est-il mort ? Pour quelle raison ? … Il n’en sait rien. Deux cents personnes ont péri dans la foule, rien que sur le boulevard. La foule ne compte pas ses morts. (Mais Pavlov n’y était pas.)

Klioutcharev évite de penser au vide ambiant et aux habitants qui se terrent dans leurs appartements aux stores soigneusement baissés. Bien sûr, c’est un peu étrange de ne voir personne. Mais qui dit absence de gens dit absence de danger. L’air est tiède. Le soir tombe. Mais il ne fait pas encore nuit. La douceur du soi est chargée de menaces, comme si des coups de sifflets étaient sur le point de retentir, comme si la foule, où règne la loi du plus fort, allait soudain déferler avec son cortège de meurtres et de pillages. Cette sensation pénible est presque insurmontable. Cependant, la rue est déserte. Aucun bruit. Telle est la vie, dorénavant … Ces pensées craintives, ces subtiles pensées d’intellectuel défilent dans son esprit pendant qu’il marche.

En regardant la ville d’en haut à cette heure, on pourrait constater qu’elle est vide, pas une âme, pas une voiture ne circule (les véhicules garés au bord des trottoirs ne font que souligner l’immobilité générale). Les trottoirs sont dépeuplés. Quelqu’un, seul, marche au milieu d’une rue ; il porte un pull et un bonnet dont le pompon oscille à chaque pas. C’est notre ami Klioutcharev (légèrement vieilli ; ses tempes grisonnent déjà fortement. Mais il se défend encore. Un homme dans la force de l’âge).

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Mone Uchida (French / Japanese version)

Au cours de l’été 2014, en compagnie de Madame Miki Iida et de Jean-Michel Jarillot, nous avons eu l’occasion de rencontrer l’artiste peintre et calligraphe, Madame Mone Uchida près de Tokyo. je suis reconnaissant à Madame Uchida de m’avoir permis d’aborder librement avec elle, les thèmes qui m’intéressaient à l’époque. Et il me semble rétrospectivement,  que cet entretien est précieux parce que son témoignage est sincère et son expérience est rare.

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