REMUE-MÉNINGES

Ca bouge beaucoup sur le blog depuis quelques jours. Il faut dire, que ça m’est tombé dessus sans prévenir. J’ai supprimé le site web de Kikoeru? avec toutes ses interviews. Allez savoir. Douze années d’existence, ça suffit. Douze, c’est un bon chiffre. Je pense que toutes ces interviews, beaucoup de gens auront pu les lire, que c’est déjà çà, même si au final, le site a recueilli peu de commentaires en retour, je pense aussi que c’est la raison de mon abandon. Mais c’est aussi un signe des temps, sur internet nous consommons vidéos, photos et mots en les picorant, en somme nous ne faisons que passer incognito. Je pense aussi que rien ne vaut d’avoir un livre entre ses mains pour éprouver la valeur des mots. Certaines des interviews seront déménagées sur ce blog, j’y travaille, mais elles ne le seront pas toutes. Ce n’est pas mon intention. Quoiqu’il en soit, cela me donne maintenant  l’occasion de les redécouvrir, je leur donne un nouveau visage, avec parfois de nouvelles photos, et je me dis que d’autres personnes vont découvrir ces hommes et ces femmes qui m’ont surpris de leur existence.

 

Michel Vray (french / japanese version)

Paris 9ème, dernier étage d’un immeuble de fer. Toiles immenses et sculptures de ferrailles, couleurs sur les murs, bois et tissus, papiers et métaux … Ici les objets se cherchent une âme. Un squat d’artistes c’est comme un lieu de rendez-vous, pour femmes, pour hommes, pour objets, et pour leurs rêves en commun … Rencontre avec Michel VRAY, peintre, poète,  éditeur, mais avant tout « HOMME DE L’ÊTRE ». 

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Sachiko Ishikawa (french / japanese version)

 

Daniel : Sachiko, j’aimerais connaitre ton avis sur cette question : C’est quoi danser ? Ou bien encore :  c’est quoi ne pas danser ?

Sachiko : Pour moi, danser est un peu ma façon de respirer. Donc ne pas danser, c’est comme si je ne respirais pas… Quand je vivais au Japon, à Tokyo, en tant que salariée, pendant dix ans environ tous les matins je me levais tôt et me dépêchais de me préparer en cinq minutes pour ensuite aller travailler dans un bureau. Je travaillais jusqu’au soir 20h mais très souvent 22h, et parfois même jusqu’à minuit pour rentrer avec le dernier train. Sans avoir de vraies vacances, pas même une semaine pendant l’été en ce qui me concernait. Au bureau, en plus du travail je faisais de la communication avec les collègues, en essayant de m’adapter à la situation. Et cela se répétait de la même façon chaque jour.

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Choje Lama Ani Pema (french/english version)

Lama Pema est une de ces personnes habitées par un souffle d’absolu, en sa présence on ne saurait en douter, d’ailleurs ce n’est pas le doute qui l’anime, elle agit et elle n’est qu’action, pour suivre son chemin si particulier. Avec beaucoup de gentillesse elle a bien voulu répondre à quelques questions alors qu’elle ne parle que vraiment très rarement de tout cela. J’en profite pour attirer l’attention sur son incroyable travail de bâtisseuse, d’ailleurs ses séjours en Europe n’ont souvent d’autre objectif que de sensibiliser le public pour financer ses divers projets de construction, le site officiel qui lui est dédié explique tout cela en détail et nous permet de comprendre avec beaucoup de photos l’ampleur de sa mission.

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Ninsho Kakinuma 柿沼忍昭 (french / japanese version)

Juillet 2018, abandonnant pour quelques heures la chaleur infernale des rues de Tokyo, nous rendons visite au moine Ninsho Kakinuma 柿沼忍昭 dans son temple, le Chokoji (Kannami, Shizuoka-ken), je suis accompagné par Mme Miki Iida qui interprète cette rencontre ainsi que Mme Yuu Adachi.

… Et toujours cette lumière si particulière de l’été. Comme un voile posé sur le décor, qui invite à supposer une existence, un autre monde, il y a simplement à tendre une main, pour sentir une caresse.

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SES JOURS EFFACÉS

Ecrire sur un ami. Pour dire. La poésie des jours effacés. Pour dire. La transmission d’une vie aussi. Pour dire à ses filles qu’il est encore temps. Pour dire. A ses amis, qu’il est encore temps. Pour dire. Au monde entier, que le poète est vivant.

Dans sa chambre minuscule de la Maison Nationale des Artistes de Nogent, les peintures de Michel se serrent toile contre toile au milieu des livres. Dans cette chambre qui lui sert de placard, quatre pas seulement sont possibles, deux pas en avant et deux pas sur la gauche, ensuite il faut se ranger comme n’importe quel objet, comme tous les papiers. Entassés, empilés, alignés, éparpillés, Michel a maintenant toute sa vie à portée de main. Et toute sa vie comme il me l’a dit un jour, n’est qu’une vie de papier.

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TAMISER LE MONDE

Se lever tôt. Prolonger le sommeil dans un train. Se réveiller dans une gare parisienne. Sortir dans les rues, avec l’air frais du matin. Marcher jusqu’à la porte du zendo. Rebrousser chemin, tourner les talons, s’enfuir sans chercher pourquoi. Replonger dans les sous-sols de la ville. Les couloirs se remplissent. Il est l’heure d’hier à la même heure, il est l’heure de refaire, de remettre les pas dans les pas d’hier, nos traces encore visibles nous ordonnent.

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PARIS AT NIGHT (JACQUES PREVERT)

PARIS AT NIGHT

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Trois allumettes une à une allumées dans la nuit

La première pour voir ton visage tout entier

La seconde pour voir tes yeux

La dernière pour voir ta bouche

Et l’obscurité toute entière pour me rappeler tout cela

En te serrant dans mes bras.

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(Jacques Prévert -Paroles – Editions Gallimard 1949)

KINAKO

Je crois que la mort est sans direction. On ne va nulle part. Il n’y a pas d’endroit où aller. Et c’est inacceptable. Mais justement puisque c’est inacceptable, c’est passionnant. Pourquoi nous faut-il toujours penser à la mort en l’associant à une orientation. Pas besoin d’orientation, aucune direction. Alors pas de chemin ? Nous voyons le mythe s’effondrer. Si nous avons tant besoin d’un chemin pourquoi ne pas considérer au plus  haut point celui sur lequel nous marchons en ce moment. Fichus aveugles qui n’en croient que leurs yeux immensément ouverts.

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LA POÉSIE DE RAYMOND CARVER

Ouaip, je viens à peine de découvrir Raymond Carver. Il aura fallu tout ce temps. Mais en fait, c’est bien plus que du temps qu’il aura fallu. Un regard sur la couverture d’un recueil de poésie et on se dit : c’est qui ? J’ai choisi ce poème parmi beaucoup, les poèmes c’est pas comme les fraises des bois, on ne peut pas les manger les uns après les autres, cela n’aurait plus aucun goût. Il faut y revenir, souvent, et pas seulement pour le comprendre, c’est le poème qui doit vous comprendre, comprendre votre fonctionnement. Pour le dire autrement, c’est le poème qui doit avoir l’envie de revenir vous visiter. J’aime la découpe de ce poème, on sent la pénibilité de communiquer sur les choses qui sont importantes, on sent aussi la mastication, à la fois de la tourte et du re-sentiment. J’aime cet instant de conscience la cuisine de ma fille en hiver, la fille on ne la voit pas, on ne l’imagine pas physiquement mais on peut l’entendre respirer, elle n’est pas loin, n’est-ce pas ? Et puis le père, qui se fait le plus léger possible, mais qui semble étouffer de l’intérieur. Raymond Carver, il s’appelait ainsi, et il regardait l’existence avec ces yeux là.

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LA BOÎTE À PHOTOS

Avant on avait un truc pareil. Une boîte à chaussure par exemple, avec des paquets de photos oubliées, de celles qu’on n’avait pas jugé suffisamment bonnes pour les placer dans l’album, vous vous rappelez ? Et jamais on ne sortait la boîte  à photos du placard, puisqu’on regardait l’album. Sauf, dans les déménagements, probablement, on se disait mais qu’est-ce qu’il y a là-dedans ? Et alors, pour quelques minutes hors du temps, on s’asseyait sur le sol et on étalait les petites photos en essayant de se rappeler les époques, les prénoms, les âges, les amours. Mais depuis la numérisation des clichés, nos souvenirs maintenant sont pixellisés, d’aucun diront que c’est pareil sauf que maintenant dans l’album il y a des milliers de petits vers invisibles qui se tortillent pour grignoter nos belles images. Le pixel s’évapore au fil du temps. Les photos pas bonnes sont tout d’abord passées au tamis de la suppression/poubelle et puis s’il en reste encore, elles sont classées dans un fichier à part, il y a des sous-dossiers dans des dossiers, qui portent des noms assez évasifs, parfois des dossiers vides, et aussi des photos isolées du groupe … Conservées tout de même car quelque chose a fait qu’on n’a pas eu le cœur à l’effacement  …

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VISITE AU CHOKOJI

… Et toujours cette lumière si particulière de l’été. Comme un voile posé sur le décor, qui invite à supposer une existence, un autre monde, il y a simplement à tendre une main, pour sentir une caresse.  

Le temple me semble grand mais le paysage au milieu duquel il est posé est bien plus majestueux encore. Une petite ville en contrebas, des forêts de bambous et des pierres tombales qui s’étalent aux flancs de la colline. Nous traversons une cour, un chat sommeille dans la poussière et nous ignore, des enfants jouent. Je quitte mes chaussures sur les marches de bois ciré, me laisse glisser à l’intérieur du temple dans l’ombre d’une histoire qui n’est pas la mienne.  Le moine qui nous accueille marche devant nous d’un pas décidé. Il me fait penser à un homme de la terre qui arpente son champ. Son visage est accueil, son temple est accueil, le timbre de sa voix aussi. Une rencontre complètement inattendue, qui a devancé mon imagination. Nous voilà assis sur des coussins posés sur tatamis, autour d’une table, le moine apporte des petites bouteilles de thé vert glacé, il nous dit que le produit est fabriqué aux Etats-Unis et nous en rions.

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UN PEU DE RIEN

S’asseoir et puis quoi ? S’asseoir. Et ensuite ? Ensuite rien. Rien ? Pas de suite, pas de rien. Zazen. C’est vite dit. Les cloches d’une église dans l’air frais du matin. Les raclements de gorge sur ma gauche. Les gargouillis de mon ventre. Que faut-il chercher au juste ? S’endormir ? Attention à ne pas s’endormir ! La structure penche dangereusement au-dessus du vide. Il n’y a pas de vide ! Pourtant ça penche. Redresser, de quelques millimètres, mais à peine, des moitiés de millimètres, c’est mieux, faire semblant de ne plus bouger. Faire semblant de ne pas faire semblant. En être satisfait ? Des gargouillis de ventre à ma droite. Pas le mien. Mais le mien répond quand même. Il ne peut s’en empêcher. Bloquer la respiration. Ne plus vivre serait même mieux. Au moins ne plus penser. Ne plus jamais revenir ici. Zazen. Le roucoulement d’un pigeon sur les toits de Paris. Attendre encore un peu avant de respirer. Compter les secondes. Sortir d’ici. Retourner dormir. Le maître disait « Faire zazen, c’est comme entrer dans votre cercueil ». Mais la vie. La vie qui nous colle, la vie qui exige. Qu’est-ce qu’on en fait ? Peut-on espérer du zazen qu’il nous donne la main pour traverser la frontière … Je crois que zazen nous conduit à la frontière, qu’il ne saurait faire plus. Non c’est faux. En fait je ne crois pas. C’est juste une pensée qui me traverse. Et c’est bien différent. Zazen. Soudain la crampe dans le pied droit. Grosse panique. Le corps se cabre. Merveilleuse douleur qui annihile toute pensée. La douleur remplit, il n’y a plus de vide, la posture se tord, le souffle est déchiqueté, la colère me sort des oreilles. Pourquoi Moi ? Et surtout pourquoi maintenant ? Pourquoi Moi et maintenant. Moi. Moi. Moi. J’étais venu pour m’oublier mais finalement il n’y a que moi ici. Je m’apitoie. Les battements de cœur se font alors plus tendres. Inexplicablement la douleur semble se dissoudre, chaque cellule décide d’en prendre un bout à son compte, et je me reperds enfin. Et ensuite ? Ensuite… Un peu de rien.

GRINCHEUX NOËL

Le type nous a arrêté cet après-midi dans la galerie marchande du centre commercial, il a dit “venez je vous fais un tour de magie”. Alors elle a choisi une carte au milieu du paquet, et lui a retrouvé la carte, c’était vraiment bluffant, elle s’est exclamée eehhh !!! Et c’était la première fois qu’elle ne pleurait plus depuis le matin. Je ne sais pas pourquoi il faut qu’il y ait des jours gris…

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LA JOIE QUI AVANCE CHANCELANTE LE LONG DE LA RUE (Gilles Farcet)

 

The BOOK vraiment inattendu, tout de même dans le prolongement de mon achat compulsif de l’été (The Dharma Bums de Kerouac dans une édition US très smart), voilà maintenant que le livre de Gilles Farcet attire mon regard, et WOW quelle rencontre ! Gilles Farcet consacre son ouvrage à un de la bande, resté totalement inconnu, soucieux de préserver son invisibilité, alors que les autres, les Kerouac, Snyder, Ginsberg, Corso… sont devenus des mythes, mais lui, Hank le céleste Beatnik, a seulement confié sa parole enflammée au micro du jeune journaliste (c’était en 1988). Régal suprême (pour moi en tout cas) de lire les pensées de ce Beat inconnu alors je partage, un peu, beaucoup.

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EFFLEUREMENTS

L’été est probablement la saison qui s’éloigne le plus rapidement de nous. On tourne la tête et il est déjà loin. Etonnant abîme entre maintenant et l’été dernier. Pourtant j’ai emporté l’été avec moi, l’été japonais ne m’aura pas quitté, pas une journée, pas une nuit, jusqu’à ce mois de novembre. Etonnant aussi ce que la mémoire privilégie de la multitude des images. Quel resurgissement si je ferme les yeux, à peine deux secondes. L’été dernier. Deux secondes… La lumière filtrée d’un salon bar aux murs tapissés de livres, avec un long comptoir en bois et des hôtesses en uniformes strictes, et la difficulté d’écrire. Deux secondes… Des rizières à perte de vue et le vent chargé de l’odeur des montagnes.

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TADAO ANDO

Je rends abstraits les éléments naturels que sont l’eau, le vent, la lumière, le bruit … Au sein d’un ordre architectural austère, je cristallise l’énergie vitale de la nature et l’oppose à l’homme. De stupéfiantes confrontations peuvent naître entre l’homme et la nature. Cette tension même peut réveiller une sensibilité latente, enfouie dans l’esprit de l’homme d’aujourd’hui. Par le biais de l’architecture, qui ne se limite pas à un simple produit de la pensée conceptuelle, je souhaite créer un lieu stimulant qui en appelle à tous les sens du corps humain et, pour ce faire, je tente de mettre en relief dans la société contemporaine la force de la nature. Il ne s’agit pas là de forme ni de style ; je souhaite raviver le sens de la vie et de la nature, qui circule dans les strates profondes de l’histoire, autrement dit l’esprit de la culture, le faire dialoguer avec le monde actuel et le projeter aussi loin que possible dans le futur.

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LA PIERRE QUI VIRE

Dans son petit café Nogentais, au milieu des habitués du samedi qui lui sourient et qui l’embrassent, Michel VRAY évoque pour moi ses retraites spirituelles à l’abbaye de La Pierre Qui Vire, dans l’Yonne. Au-dessus de nos têtes, un écran géant et bruyant diffuse un tournoi de rugby, ambiance idéale pour un petit tour au monastère..  Lire la suite

BEFORE MY TIME

Before my time chante Johnny Cash et je ne sais pas pourquoi je pense à toi ce matin, au comptoir du café tabac de la gare. Je suis entouré par les ouvriers qui défilent comme chaque matin, débarqués de lointaines banlieues ils boivent un café et s’en retournent à leurs chantiers. Ça parle dans toutes les langues, les accents déforment les mots français, les visages sont encore ensommeillés, ils ont des pudeurs d’hommes rudes, s’appellent amis ou frères avec fierté. Ils sont les dépositaires de ton souvenir je crois. J’ai toujours été entouré par des ouvriers depuis toi. De ton temps ils étaient  Africains ou Portugais, mais déjà ils avaient semé sur mes paupières des envies d’ailleurs. Peut-être ai-je continué à les chercher, à ma façon, dans les bars de la banlieue et dans les cafés chinois de Belleville. Les immigrés du petit matin te sont proches, du moins dans mon iconographie enfantine. Des vêtements tachés de peinture avec des odeurs de graisse ou de limaille, des mains coupées, bosselées, abîmées à l’outillage, des odeurs de mégots sur la peau. Je me demande toujours s’ils me considèrent comme un des leurs… Seraient-ils prêts à parier sur mon destin de bureaucrate ? En somme, est-ce que je ressemble à toi ?

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LA MESURE

Il me disait que c’est toujours ce qui ne se laisse pas photographier que l’on tente désespérément de raconter. Il me disait aussi que la ville le tourmentait, qu’elle n’avait de cesse de le repousser hors de ses bras et s’ingéniait à le priver de ses lieux habituels de répit. D’après lui les lieux se déplaçaient ou disparaissaient. Il n’était pas le bienvenu, quelque chose avait été déplacé, et la lumière le lui faisait comprendre. La lumière avait ce don de l’hostilité que jamais il ne contestait. Lire la suite

PASSERELLES

Encore Shibuya pourtant je ne voulais pas. Mais la ville me hante. Lorsque glissent sur les trottoirs les premières ombres du soir, mon corps inquiet m’échappe. Ce quartier depuis longtemps a épuisé ses charmes des premiers jours, mais le corps y retourne, toujours avec le même espoir, celui du premier soir, que quelque chose va arriver. J’observe les marées d’individus déversés par les wagons sur les quais de la gare, et tous me semblent habités de la même attente. La ville hurle plus qu’elle ne chante, des camions aux chromes étincelants planent au-dessus des avenues, arrosant les piétons de chansonnettes à lolitas. 

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SŒUR D’ARME

Sœur d’arme.

Un froissement de tissu. Une écoute millimétrée. Une peau contre ma peau. Mais à peine. Ton regard noir. Et le silence des murs autour de nous. Aucun désir visible. Mutisme du kata. Frôlements contrôlés. Ton souffle maîtrisé. Ta distance, habituelle. J’écoute encore plus fort. Les bois de nos sabres qui claquent. Il en allait toujours ainsi les dimanches à Belleville. Entre nous, une manière de tendresse. Je vivais en ces temps-là, délices et souffrances, tête à tête merveilleux, avec mon in-espérance.

Tu m’étais l’inaccessible. Au rendez-vous d’un soir. Rue de Ménilmontant. Deux traits de maquillage au coin des yeux. Comme un couple dans la nuit. Quand nous avons dansé. Frôlements contrôlés. Le chanteur nous faisait crier. Quand nous nous sommes séparés.

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