Sharon Evans (french / japanese version)

Délicieuse rencontre avec une américaine devenue pour un temps parisienne et puis maintenant devenue occitane. Sharon voyage dans sa vie et nous fait voyager dans ses contes. Je me souviens également que cette conversation fut la première des interviews dans laquelle fut abordé l’enseignement du bouddhisme. 

Daniel : Comment te présenterais-tu en quelques mots ? Tu fais des spectacles de contes et aussi de la musique ?

Sharon : En fait c’est un cheminement, linéaire ou pas, j’ai fait de la musique mais j’ai écrit aussi des paroles et j’ai toujours été amoureuse des paroles et de la musique, à part et ensemble.

J’ai un amour pour l’écriture et aussi pour le théâtre, c’est ce qui m’a attiré vers le conte. Je trouve que le conte permet d’approfondir certaines choses, même peut-être plus que le chant et la musique, mais là c’est mon opinion, ça ne regarde que moi.

Daniel : Quand tu dis « approfondir certaines choses » c’est quoi ?

Sharon : Je crois qu’avec un conte tout le monde a des images, des histoires en commun, et avec le conte on arrive à rentrer en contact avec les gens, peut-être plus facilement qu’avec la musique qui elle, comporte la barrière du style peut-être… Le conte, l’idée du conte, je crois que c’est quelque chose accessible à tout le monde.

Jean-Michel : C’est plus ouvert…

Sharon : C’est pas que c’est plus ouvert, ça appelle les images que tout le monde porte enfoui en soi. Tandis qu’avec la musique, on peut être bloqué par le style. Si quelqu’un n’aime pas le Rap, cette personne ne va pas écouter les paroles !

Donc pour moi c’est une façon d’approfondir une relation avec les gens, relation avec des images qui sont en moi-même, relation avec l’écriture. C’est très lié à un travail sur soi…

On ne choisit pas n’importe quelle histoire. Tous les conteurs diraient la même chose. On choisit les histoires qui résonnent en nous. Parfois on ne sait même pas pourquoi. Mais à force de travail sur cette histoire, ça devient révélateur de quelque chose en nous. Ce n’est pas pour dire que c’est une thérapie, je vais dire un mot un peu « new age » bien que je n’aime pas le « new age », c’est holistique dans le vrai sens du mot.

Le conte parle en profondeur. Autant aux conteurs qu’aux gens qui écoutent. C’est incroyable ! Tu vas lire une histoire, ça va résonner et tu ne vas pas savoir pourquoi, tu vas dire « j’ai envie de raconter cette histoire »…

Daniel : Résonner ça veut dire quoi ?

Sharon : Ça veut dire un écho en toi, comme quelque chose que tu as déjà entendu. Tu as envie de raconter cette histoire, mais pour cela tu dois l’accaparer. C’est comme lorsque cinq personnes racontent la même histoire, ça ne sera jamais cinq fois la même histoire. Toi tu vas chercher à raconter cette histoire d’une façon qui correspond à toi et donc tu vas te mettre en relation avec cette histoire comme si c’était un être humain… Henri GOUGAUD dit souvent que les histoires sont comme des amis avec lesquels on vit. A force de vivre avec on les connaît de mieux en mieux. Quelque part chaque personne est un miroir pour soi. Donc si je parle d’une résonance dans une histoire, c’est quand l’histoire est un miroir pour soi.

Daniel : Dans ton quotidien, as-tu parfois le sentiment d’être décalée par rapport aux autres gens ?

Sharon : Certains jours, je ne me sens pas du tout décalée. Je sens seulement que j’ai un autre chemin que les autres. Sans décalage.

A d’autres moments par contre, je me sens décalée mais plutôt dans les généralités… Si on dit qu’on vit dans une société où tout doit être rentable, je crois que c’est vrai de dire cela, alors je me sens décalée ! Mais quand je parle aux individus je ne me sens pas tellement décalée. En général j’arrive à entrer en relation avec les autres, ce qui fait que je peux être d’accord ou pas d’accord… Décalée pour moi cela implique une difficulté à communiquer parce qu’il n’y a pas les mêmes racines… Voilà, c’est à dire on se sent dehors…

Je peux aussi me sentir décalée par rapport à certains artistes parce que moi ce qui m’intéresse est d’évoluer autant que possible spirituellement.

Je peux me sentir décalée par rapport aux gens qui mettent en avant la réussite ou la rentabilité. Mais au fond de moi je ne me sens pas décalée, je sens que j’appartiens à ce monde à cette société et j’y ai ma place, qui n’est pas forcément la même que les autres.

Je crois qu’il y a des artistes qui revendiquent l’idée d’être décalés parce que ça fait d’eux des êtres différents.

Daniel : Penses-tu que la grande majorité des gens qui ne sont pas artistes, qui vont travailler chaque matin et qui se disent qu’ils n’ont pas le choix, portent aussi au fond d’eux le même désir d’être créatifs ?

Sharon : Mais ça sous-entend qu’il n’y a que les artistes qui créent. Je ne crois pas à cela. Je crois qu’on peut aborder presque tous les domaines avec un élan créatif. De là, il y a des choix qu’on fait quand on est artiste et qui sont différents de ceux qui choisissent une vie plus stable.

Mais je crois qu’il y a des artistes qui ne sont pas créatifs et je crois qu’il y a des gens qui ne sont pas artistes et qui sont créatifs ! La différence est soit que ces gens n’ont pas eu la possibilité d’être en contact avec ça, ou bien ils ont été en contact mais n’ont pas eu le courage de le poursuivre… Ou peut-être pas l’envie de le poursuivre… Et comme je l’ai dit il y a des gens qui ne sont pas artistes mais qui sont très créatifs.

Daniel : Que veut dire être créatif ?

Sharon : C’est plein de choses, ça peut vouloir dire être innovatrice ou tout simplement capable de voir toutes les possibilités dans une situation et de ne pas voir uniquement que ce qui est en face de soi ! Ça peut être trouver une solution face à une difficulté. Ecouter quelqu’un qui va mal et proposer une autre façon de regarder le problème. Ça peut être aussi une façon d’organiser sa vie. Une façon d’élever un enfant…

Daniel : On rejoint le Bouddhisme !

Sharon : Je crois que quand je suis devenue Bouddhiste, c’est parce que je l’étais déjà. J’avais parlé avec un lama et il m’a dit qu’en général les gens qui sont Bouddhistes et qui le restent, ce sont des gens qui ont le sentiment d’avoir déjà au fond d’eux, toutes ces croyances… Ce sont des gens qui n’ont pas eu l’impression de découvrir quelque chose, mais simplement de se retrouver dans quelque chose, mieux dit, mieux formalisé, mais qui était déjà ce qu’ils croyaient… Tandis que les gens qui ont l’impression de découvrir du nouveau…

D’après l’expérience des lamas qui voient beaucoup de gens arriver dans les centres Bouddhistes… Les gens ont l’impression d’avoir découvert la solution à tous leurs problèmes, quelque chose de nouveau, de presque étranger à eux ! Comme si c’était la panacée. Et du fait que c’est étranger à eux, ça ne vient pas de l’intérieur, alors ils ne poursuivent pas longtemps. Ils ont fait un « supermarché spirituel » ! Quand tu dis que ça ressemble au Bouddhisme, en fait je crois que j’ai toujours été Bouddhiste mais je ne connaissais pas les mots ou la terminologie.

Daniel : Crois-tu qu’un artiste en général, a le pouvoir d’aider les gens à vivre mieux ?

Sharon : Moi je crois que ça peut être comme une porte. Par exemple si quelqu’un est mûr pour entendre quelque chose alors nous on peut être les catalyseurs. Mais ce n‘est pas grâce à nous. C’est que cette personne avait la capacité d’entendre à ce moment là, une phrase qui a fait écho en elle. Nous on a eu la chance ou le privilège d’avoir dit ces mots la pour que l’autre puisse se dire : « ah tiens ! »

Je crois que s’il n’y avait pas d’art le Monde serait invivable. Les artistes, les artisans sont là pour donner de la beauté mais pas que de la beauté. Donner la possibilité aux gens de se remettre en question. On pourrait ne donner que de la joie. La personne s’est éclatée en écoutant ce conte, mais deux jours après c’est oublié.

Donc je crois qu’il faut quand même qu’il y ait quelque chose dans la personne qui soit prêt à « écouter » pour que ça produise un changement profond.

Daniel : il y a quelque chose qui t’anime, te fait chercher, te donne envie de découvrir, penses-tu que chaque personne porte la même chose en elle ? Penses-tu que chaque personne a quelque chose à réaliser dans sa vie ?

Sharon : J’avais déjà posé cette question à un lama… Je crois que chaque Etre Humain cherche sa place. Alors j’avais demandé à un lama « est-ce que l’on a chacun notre place ? » Je n’ai pas vraiment eu une réponse parce que j’ai eu l’impression que c’était une question gênante dans le sens qu’on pourrait « plaquer » une attente sur quelque chose trop monolithique. C’est à dire, moi je crois que chacun doit trouver sa place. Mais je ne sais pas si cette place est mesurée par ce qu’on fait plutôt que par ce qu’on est.

Jean-Michel : Il y en a qui ne cherchent pas…

Sharon : On ne sait pas ce qu’il y a dans la tête des gens… On a l’impression qu’ils ne cherchent pas, mais peut-être qu’ils ont cherché et ont arrêté parce qu’ils ont été blessés…

Jean-Michel : Par exemple, ou le rythme de leur vie ne leur laisse pas le temps…

Sharon : Ou peut-être qu’ils cherchent sans se rendre compte qu’ils cherchent… Je vais revenir au Bouddhisme. Les gens me demandent pourquoi es-tu branchée Bouddhisme Tibétain ? Tu es américaine, tu habites en France, culturellement c’est un peu… Bref, je réponds : « chaque personne cherche le bonheur »

En fait on récolte la souffrance parce que l’on cherche le bonheur à l’extérieur de soi-même.

Chacun cherche sa place mais tous n’en ont pas la même idée. Certains cherchent le bonheur, ça c’est leur place, d’autres cherchent une promotion dans le boulot, ça c’est leur place. Mais je crois qu’au plus profond de chacun de nous il y a une insatisfaction inhérente parce que l’on ne cherche pas vraiment notre place ! On a pas bien défini que veut dire « notre place »

Donc je pense que la souffrance que porte chaque Etre Humain, même ceux qui disent ne pas souffrir, c’est de ne pas avoir trouvé leur place car ils ne cherchent pas là où il faut. Donc je crois que chaque personne a une place mais ce n’est pas une place physique dans le Monde, ce n’est pas « je veux être connue comme conteuse » ça c’est à l’extérieur de moi ! Je crois que la place que chacun cherche c’est où il se situe par rapport à lui-même.

Daniel : La place… c’est un mot qui m’interpelle. Avoir une place, cela fait entrer en jeu une notion d’immobilisme. Si on cherche sa place alors c’est déjà perdu, on n’est plus dans la vie, car la vie n’est que le mouvement, à la limite, ce serait être sans arrêt en déséquilibre…

Sharon : Exact ! La vie c’est l’impermanence. C’est pour ça que je dis que notre place c’est à l’intérieur de nous, c’est comment on se situe par rapport à la vie. Comme la vie bouge tout le temps !

Donc la raison pour laquelle les gens souffrent c’est qu’ils ne veulent pas voir que TOUT est impermanent. Ils basent leur vie sur une stabilité qui n’existe pas !

On peut mourir demain, on peut perdre notre boulot même si on est fonctionnaire, notre femme, notre mec, à tout instant ça peut basculer, on peut avoir un accident de voiture, de moto, et moi c’est aussi quelque chose sur laquelle je travaille sans arrêt : essayer de ne pas aborder mon métier avec trop d’attentes.

Malheureusement je crois qu’on est fait d’espoirs et de craintes, ce qui fait que parfois on ne voit pas ce que la vie nous propose parce qu’on veut rester sur une place, ne pas bouger, et on passe à côté des choses…

Daniel : La vie que tu vis maintenant correspond t’elle exactement à ce que tu veux…

Sharon : …Veux maintenant ? (rires). C’est pas loin !

Ce qui ne correspond pas, c’est que je ne suis pas assez bienveillante avec moi.

J’ai eu énormément de chance et je suis trop exigeante avec moi-même et ça intervient entre moi et la satisfaction. Je crois que si j’étais honnête avec moi je pourrais dire que j’ai tout ce qu’il me faut. Mais parfois je ne le vois pas. Je crois que la seule chose qui me manque, c’est que je ne sais pas me lâcher les baskets !

Pour répondre à la question, ce qui arrive concrètement, physiquement, dans ma vie, c’est ce que je veux. Je n’ai pas le problème de la page blanche. Cette année je devais faire la musique pour cinq spectacles différents ! C’est la chose la plus importante pour moi, ne pas être à court d’idées. Pas dans un esprit de rentabilité ! Mais parce que je suis en harmonie avec ce que je suis en train de faire : je suis en train de raconter une histoire et tout d’un coup je me dis « là il faut qu’il y ait de la musique ! », et je la trouve… Ce sont des moments de grâce !

Cette interview a été réalisé le 11/01/2007 au Bar de l’Ogresse à Paris (20). La traduction japonaise est de Shiho SHIMONAGANO.

Le site officiel de SHARON EVANS

 

ダニエル(D):自己紹介をしていただけますか? あなたは、物語や音楽のスペクタクルを創っているのでしょう?

シャロン(S):それはつながっていることなの。私は、音楽を作るけど、作詞もするわ。 私は、言葉と音楽、それぞれまたは両方に夢中なの。私は、書くことも演劇も大好き。だから私は物語に引き寄せられたの。物語とは、ある物事を深めてくれる。もしかしたら歌や音楽以上にね。でも、それは私だけの意見だけど。

Daniel :「ある物事を深める」というと?

Sharon : みんなひとつの物語に対して、共通のイメージ・お話を持っていて、その物語のおかげ で、コミュニケーションをとることができるんだと思うの。もしかしたら、音楽よりもっと簡単 に。音楽は、そのスタイルによってバリアがあるから・・・物語、それの考えとは、みんなが理解できるものなの。
ジョン・ミッシェル(JM):物語は、もっと開放的だと・・・

Sharon : もっと開放的なだけじゃなく、自分の中を埋めるイメージを呼び起こしてくれるの。音楽だと、そのスタイルによってブロックされてしまうかもしれない。ラップを嫌いな人は、その歌詞を聞こうとしないでしょう!だから、私にとっては、物語とは、人との関係、私自身の中にあるイメージとの関係、書くこととの関係を深めさせてくれるものなの。それは、自分に専念することと強くつながっている。

どんな物語でもいいってわけではないわ。語り手は、みな同じことを言うでしょう。私たち

は、自分に響く物語を選ぶ。時には、それがどうしてだかわからない。でも、その物語について専念したら、自分の何かを明らかにしてくれるでしょう。セラピーになるというわけではなく、ちょっとニューエイジ風に言うと(ニューエイジって好きじゃないけど)、本当の意味でのホリスティックなの。
物語は奥深くへと語りかける。語り手にとっても、聞き手にとっても同じくらいね。信じがたいほどよ!あなたがある物語を読むと、それが鳴り響き、なぜだかわからないけど「この物語を語りたい」と思う のよ。

Daniel : 鳴り響くという意味は?

Sharon : あなたの中でのこだまする、あなたがもう聞いたことがあるものよ。あなたはこの物語を語りたいと思う、でも、そのためには、その物語を独占しないといけない。5人が同じ物語を語っても、絶対に同じ話にならないようにね。

あなたは、自分につながる物語を語ろうとするでしょう。だから、あなたは、その物語とまるで人間どうしであるようなつながりを持つの。アンリ・グゴーは、物語とはまるで生きている友達のようだとよく言ったわ。一緒に時間を過ごすほど、よりよく知り合うことができる。ある意味では、人はその人自身を映す鏡なの。だから、私がある物語の響きについて語る時とは、その物語が自分を映す鏡である時なの。

Daniel : 日常生活において、他人と比べてギャップを感じるときがある?

Sharon : ある時は、全くギャップは感じない。ただ他人と違う人生を歩んでるって感じるだけ。

むしろ一般論とのギャップを感じる時があるわ。もし、もうけ主義の会社で人生を送っていたら、確かにギャップを感じるでしょう!でも、個人と話す時、私はそんなにギャップは感じない。普通、私は、心から話ができる相手なのかどうか、見極めることができるの。心から語ることができないと、コミュニケーションをとることは難しい。それがギャップを感じるってことよ。

あるアーティストに対してもギャップを感じるわ。なぜなら、私が興味があるのは、精神的に可能な限り発展することだから。

成功すること、もうけることしか考えていない人に対してもギャップを感じる。でも、私の奥深くでは、この世界に、この社会に属していること、自分の居場所をおいていることにギャップは感じていない。他人と同じではないってことだけ。

アーティストの中には、自分を特異な存在にするためにギャップを主張する人もいるわ。

Daniel : 朝仕事ヘ行き、選択の余地がないとつぶやく、アーティストではない人々も、創造的でありたいという願いを持っていると思う?

Sharon :それは、アーティストだけが創造的であるっていうほのめかしね。私はそうは思わない。私は、創造したいという情熱があれば、ほとんど全ての分野に取り組めると思う。そこには、アーティストとしての道を選ぶこと、もっと安定した人生を選ぶことという選択があるの。でも、アーティストなのに創造的でない人、アーティストではないのに創造的な人がいる!

アーティストでない人たちはアートとつながるチャンスを得なかったか、そのチャンスを得たとしても追求する勇気がなかったか・・・

もしくは追求したくなかったか・・・

そして、さっき言ったみたいに、アーティストだけどあまり創造的ではない人がいるの。

Daniel : 創造的とはどんな意味?

Sharon:いろいろなことよ。革新的であることって言えるでしょうし、あるシチュエーションであらゆる可能性をみいだすことができることとも言えるでしょう、目の前のことしか見えないのではなくて!困難なことに対して解決方法を見つけられること。困っている人の話を聞き、その問題を他の角度から見つめなおす方法を提案すること。人生を設計することもそうでしょう。子供を育てることも・・・

Daniel : 仏教に通じますね。

Sharon : 私が仏教徒になった時(とっくにそうだったのだけど)ラマ僧と話をしたの。彼によると、普通仏教である人やそれに魅かれる人は、既にそういう気持ちをもっている人だと・・・仏教の中に、彼らが以前から信じていたものを見出す人々なの。一方では、新発見したと思う人もいる・・・

仏教センターにやってくるたくさんの人を見てきたラマ僧の経験によると・・・彼らは、全ての問題を解決する方法を見つけたと思うそうよ。彼らにとって、新しく奇特なものを!まるで、それが万能薬かのように!それが奇妙に感じるなら、内面から生み出されたものではな い、だから彼らは長く続けられないのよ。彼らは「スピルチュアルスーパーマーケット」で買い物をしたの!それが仏教に通じるといっても(私はずっと仏教徒なのだけど)そういう言葉は知らないわ。

Daniel :アーティストは、人がよりよく生きる手助けができると思う?

Sharon : 扉にはなれると思う。例えば、何かを理解することが難しい人がいたら、私たちアーティストはその触媒にはなれる。でも、それは私たちのおかげではない。その人が、あるフレーズのこだまを理解する力を持っていたおかげよ。私たちは、他の人たちが「ああ、そうか」とひらめくことができるように、語りかけるというチャンスに恵まれたんだわ。

アートが存在しない世界なんてがまんならないわ。アーティストは、美を提供するためだけの存在ではない。自問する可能性を与えること。喜びを提供するだけでもない。人によっては、その物語を聞くことにうんざりしても、2日後にはもう忘れてる。

だから、奥深くで変化を起こすには、やはりその人が「理解すること」の準備ができていないといけないと思う。

Daniel : あなたを突き動かし、探させ、発見したいという思わせる何かがある。人それぞれ、同じ何かを持っていると思う?それぞれ、何かを成し遂げられる?

Sharon : 私は、ラマ僧へ同じ質問をしたわ・・・人間は、みんな自分の居場所を探してると思う。だからラマ僧へ「それぞれの居場所はありますか」と尋ねたの。それに相当する答えは得なかった。過剰な期待を「押し付ける」という意味で、おかしな質問だったからだと思う。つまり、みんなそれぞれ自分の居場所を探しているだろうけど、その居場所が、存在するところによって限られるのか、何をしているかということによって限られるのかどうかはわからない。

Jean-Michel : 居場所を探さない人はいない・・・

Sharon : みんながそのことを考えているのかはわからない・・・探してないようでも、もしかしたら 探したけど、傷ついたためにあきらめてしまったのかもしれない。

Jean-Michel : 例えば、生活に邪魔されて、探す時間がない・・・

Sharon : 探していることを意識せずに、探している人もいるかもしれない。仏教の話に戻るわ。人は私に「なぜチベット仏教に魅かれるのか? あなたはアメリカ人で、フランスに住んでいて、カルチャー的にはちょっと・・・」って。で、私は答えるの「人にはそれぞれの幸せがある」ってね。

私たちが苦しみを味わってしまうのは、自分の外側に幸せを探すからなの。

それぞれが自分の居場所を探すけど、それは同じものではない。幸せを探す人にとってはそれがその人の居場所だし、会社で昇進することが目的の人はそこがその人の居場所なの。でも、私たちは、自分の奥深くで不満を感じている。なぜなら、本当の居場所を探していないから!「私たちの居場所」といえるはっきりしたものをね。

苦しみをもたらしてしまうのは、探すべき場所で探さないがために、自分の居場所が見つけられなかったことによると思うわ。私は、みんなそれぞれ居場所を持っているんだと思う。でもそれは目に見えるものではなく、「語り手として有名になりたい」というものでもない。そういうことは私の外側にあるものよ!それぞれの居場所とは、自分が自分自身に対して位置づけるものだと思うわ。

Daniel : 居場所・・・私に強く訴えかけてくる言葉です。居場所を得ること、それは現状維持主義の始まりになるでしょう。私たちが居場所を探すと、それはもう消えてしまっている。なぜなら、人生は常に動いていて、アンバランスであり続けるから・・・

Sharon :そのとおり!人生は、変化するもの。だから、私たちの居場所は私たちの中にあると思うの。人生に対してどう位置づけるかってことなの。人生はいつも変化するから。

人が苦しむのは、全てのことは変化するということをわかろうとしないからよ。彼らは、実在しない安定性に人生のベースをおいてる。

もしかしたら、明日死ぬかもしれないし、一生懸命働いていても失業するかもしれないし、

妻、夫を失くすかもしれない。全てのことがひっくり返るかもしれない。明日自動車・バイク事故にあうかもしれないわ。私の場合、休みなく働く自分に対して、あまり予想をしないで仕事に取り組むようにねって言ってるわ。

残念ながら、人は希望や恐れに左右される。時には、人生が提案することが見えない。なぜなら、私たちはひとつの場所にしがみつきたい、動きたくないと思うから。そして、いろんなものを見過ごしてしまうの。

Daniel : あなたが今生きている人生は、あなたがやりたいことと一致している・・・

Sharon : 今やりたいこと? そう遠くないわ。

一致しないことといえば、自分に対して好意的ではないことね。

私は、たくさんのチャンスを得たわ。自分に対して要求が多すぎて、なかなか満足できな
い。もし私が正直だったら、私がやりたい通りにやっているって言えるでしょう。でも、時々わからなくなるの。私の欠点は、自分を放っておけないことね。

私のやりたいこととは、それを、私の人生において、具体的に形にして実現すること。私は、新しいページを開くことに何のためらいもない。今年、私は、5劇団のために音楽を作らなければいけない!アイデアを尽きさせないこと、それが私にとっていちばん大切なことよ。もうけ主義ではなくってね!私は、今自分がやっていることとの調和がとれてるの。私は、ある物語を語りながら、突然「ほら音楽がなくっちゃ」ってつぶやくの。それはね・・・最高の時間なのよ。

 

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